Les deux villages

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Episode 1

La nuit du 18 mars.

Les deux villages lutins et gnomes se trouvaient dans le même secteur cachés au centre d’une forêt d’arbres gigantesques. 

L entrée du village de Luténia se situait dans les Alpes françaises. Particulièrement robustes, les maisonnettes de Luténia étaient fabriquées avec les racines des pins des montagnes trois fois centenaires. 

Le village avait la forme d’un cercle.

Plantée devant chacune des maisons, une pancarte annonçait le nom de la famille qui habitait là.

Ces noms étaient en lien avec les plantes ou les légumes. C’était la règle à Luténia.

Ainsi l’on pouvait lire, famille Muguet, famille Courgette. Ou encore, famille Rose.

A quelques pins d’ici, une colonie de Gnomes semblaient à l’aise installés dans les troncs d’autres arbres des montagnes.

Des sapins des montagnes, pour être précis. 

Cette troupe peuplait le village de Gnomia. Et leurs habitations étaient placées en croix.

Comme chez les lutins, il y avait devant chaque habitation, des pancartes plantées avec les noms de famille inscrits dessus. Ici, les noms étaient en lien avec les animaux.

Et donc, on pouvait lire : famille Coléoptère. Famille Coccinelle. Ou encore, famille Fourmis.

Ce qu’il fallait savoir, aussi, c’était que lutins et gnomes aimaient se chercher dispute à longueur de temps. Et curieusement, cela ne les empêchaient pas de travailler, ensembles, la nuit aux écuries situées non loin des deux villages.

Au haras des Belles Terres.

En fait, leur tâche consistait à s’occuper du bien-être des chevaux.

Mais durant la journée, tous aussi, creusaient et labouraient le sol pour trouver le sel de roche.

Vous vous demandez certainement, ici, mais qu’est-ce que le sel de roche ?

C’était des pierres précieuses qui servait de monnaie d’échange entre les deux tribus.

Mais, pour les lutins, ce travail était une chance de resserrer les liens d’amitié entre eux.

Alors que, les gnomes, eux, trouvaient dans cette activité, le moyen de s’enrichir. Et c’était ça leur but principal. Amasser encore plus de richesses.

lutin-gnome-crocus

Donc, la nuit du jour où cette histoire commence, lutins et gnomes étaient comme toujours sur le point de se bagarrer.

Cette fois, dans une compétition sportive pour savoir laquelle des quatre équipes sélectionnées allait partir chercher le crocus de lune ?

A présent, vous vous demandez, qu’est-ce qu’un crocus de lune ?

Eh bien, c’était une plante magique aux pouvoirs surnaturels.

Non, vous ne rêvez pas !

Grâce à son parfum, le crocus de lune avait la capacité de transformer les méchants en gentils.

Jusqu’à ce jour, cette plante magique faisait partie d’une vieille légende. Et les deux peuplades se la transmettaient année après année.

Et depuis fort longtemps !

En effet, au moment de la fête du printemps, les Anciens des villages racontaient aux plus jeunes, des histoires mystérieuses.

Qu’il existait une vallée Oubliée, où se trouvait le crocus de lune magique.

Depuis ces dernières heures, la fleur faisait, par conséquent, l’objet de toutes les discussions au sein des deux villages. En effet, un évènement terrible semblait être sur le point de se réaliser.

Tous soupçonnaient la reine Démonia, reine de l’hiver et l’été, d’être à l’origine des changements climatiques observés ces jours derniers.

Précisément, des pluies terribles survenaient sans qu’il y ait des nuages dans le ciel. Et, le soleil plus brûlant encore asséchait les sources de la forêt, en un clin d’œil.

Du jamais vu dans les Alpes ! 

Pire encore ?

Lutins et gnomes pensaient que Démonia voulait prendre le contrôle des quatre saisons. Bouleversant ainsi les deux cycles qui appartenaient à Doris, reine du printemps et l’automne. 

Pour tous, avec Démonia aux commandes des quatre saisons, la sécheresse et les glaces éternelles s’installeraient à tout jamais sur Terre.

Dès lors, il fallait agir ! 

Et vite !

Alors, pour la première fois de leur histoire, lutins et gnomes allaient s’unir pour parvenir à leur fins, et trouver ensemble, (sans se disputer), le crocus de lune magique libérateur.

les deux villages écuries des belles terres

Donc, malgré l’épreuve à venir, dans les écuries du haras des Belles Terres, planait comme une ambiance de compétition. Mais pas que.

De fiesta aussi !

Quand, soudain, un lutin fit son apparition.

Il trottait dans l’immensité du box d’un cheval. Il ne mesurait guère plus d’une dizaine de centimètre de hauteur.

Un bermuda en toile de jute couleur vert, et une chemise de bûcheron à carreaux dans le même ton l’habillaient. Un chapeau en forme de cloche, avec deux brins de jacinthe des bois couvrait ses cheveux gris qui renseignaient sur son grand âge. Il paraissait avoir au moins, 250 ans !

Du coup, pas de doute possible – c’était un être de sexe masculin.

Sur son front, étaient inscrites des rides boursouflées et entrecroisées. On reconnaissait, comme une carte géographique.

Ce petit homme marmonnait des paroles étranges accompagnées de grands gestes.

A qui s’adressait-il, au juste ? L’espace devant lui était vide.

– Tu m’énerves, Tamalou ! Tu ne fais aucun effort. Tu as toujours mal quelque part. A croire que tu le fais exprès !

Le lutin râlait, en même temps, il portait dans ses bras un matériel assez gros. Même trop lourd pour lui. Du coup, celui-ci l’obligeait à se déplacer, de gauche à droite, tel un balancier.

Hop ! 

Les sangles de ce qui ressemblait à un siège furent lancées de part et d’autre de la chose invisible.

– Ouf ! C’est fait, se dit-il pour lui-même.

Fatigué, maintenant le lutin s’épongeait le front avec un mouchoir vert à petits pois rouges.

Puis, il évalua la solidité de la selle installée.

Quelle Etrangeté ! Celle-ci restait comme en suspension dans les airs.

– Tu n’as que le jeu en tête, P’titom ! dit l’Invisible, tout à coup. 

– Arrêtes un peu de dire des bêtises, Tamalou. C’est vrai, j’aime faire des blagues, mais je suis un lutin sérieux. Et je ne cache pas, j’aimerais gagner la course.

– De quoi parles-tu au juste ? Comment veux-tu que je participe à une course ? Avec le poids que tu fixes sur mon dos…  C’est déjà trop lourd pour toi, penses un peu à moi, et n’en parlons plus.

– Chochotte et négatif avec ça.

– Au contraire, je suis réaliste, moi ! se défendait l’Invisible.

– Eh bien , moi, je te dis que la victoire peut être à nous !

– Tu rêves P’titom comme toujours.

– Je ne m’avoue pas vaincu, aussi facilement que toi. Voilà tout.

tamalou-et-ptitom

La discussion empirait entre les deux compères. Alors, P’titom préféra se taire un moment. Mais, une idée traversa son esprit.

Dans le but de détendre l’atmosphère, tout à coup, il se mit à fredonner une chansonnette.

Vas mon petit choux

Ne ronchonne pas

Vas mon petit choux

Tu finiras

Vas mon petit choux

C’est toi qui le trouveras

– Tu espères m’amadouer avec une comptine, P’titom ?

– Non, je veux juste te faire plaisir, mon ami. Mais, tu peux, tout de même, y repenser ?

– Bon, c’est d’accord, répliqua l’Invisible en soufflant. Expliques d’abord un peu les règles de ta course débile !

P’titom était satisfait. Tamalou commençait à s’intéresser à l’aventure qu’il proposait. Cependant, l’espace devant lui restait totalement vide. Désespérement vide. Et cela, l’agaçait de plus en plus.

– Dépêche-toi de m’expliquer avant que je change d’avis, P’titom.

– Ah non ! Tu vas pas faire ta tête de cochon ?

– Parce que tu trouves que je ressemble à un cochon ? 

A ce moment-là, l’Invisible apparut. Et, effectivement, Tamalou ne ressemblait en rien à un cochon !

ecuries-les-belles-terres

C’était un escargot à la coquille d’or. Il se détachait sur la paille. Même qu’une trainée de bave brillante s’étalait derrière lui.

– Tu es beau Tamalou, dit P’titom avec un large sourire.

– C’est ça, en plus tu te moques de moi ! répliqua l’escargot.

– Arrête d’imaginer de vilaines choses de ma part, et discutons plutôt de mon projet.

Les yeux de P’titom pétillaient rien qu’à la pensée de gagner la course. 

– Je te rappelle, tu ne dois pas miser sur la vitesse. La lenteur est MA NATURE. Je ne parcoure que six centimètre par heure. Je suis donc bien trop lent pour avoir une chance de remporter une compétition.

– Mais, ce que tu ne ignores encore, c’est qu’il s’agit de participer à une course de lenteur. Et là, tu as toutes les qualités, annonça le lutin content.

Touché !

Voilà que Tamalou se retrouvait pris au piège. Il ne pouvait plus faire autrement que de se joindre à cette maudite course. 

Ne serait-ce que pour aider son meilleur ami !

– Bon d’accords. Mais, dis-moi, qui sont les autres participants ? En plus de nous-même, les Queltoupés. Alors ?

– Chez nous les lutins, il y aura les Choupinettes. Et chez les gnomes, deux équipes aussi : les Sanvergognes et les Belfrimousses.

ecuries des belles terre la-course-des-baveux

– Ah non, pas les gnomes ! cria Tamalou tout à coup. Roublards, mauvais joueurs, ils créent toujours des problèmes. Je les détestent !

– Tu n’exagères pas un peu ?

– Ah bon, tu crois ?

– Hum.

– Je pense que c’est à cause du sel de roche, expliqua Tamalou.

– Je ne comprends pas bien ce que tu veux dire par là ?

– Le sel de roche, ça les rends dingues. Quand ils ne travaillent pas aux écuries, ils creusent le sol toute la journée avec pour seul but, se remplir les poches. C’est une idée fixe chez eux, voilà ce que je veux dire !

– Attends un peu, Tamalou. Nous aussi, les lutins cherchons le sel de roche. Tu penses pareil de nous, alors ?

– Ce n’est pas pour les mêmes raisons. Eux, les gnomes, ils ne veulent qu’amasser des richesses, je te dis.

– Je ne cherche pas à les défendre, mais il faut bien quelque chose pour échanger des trucs et des machins entre nous, non ?

– D’accord, mais vous les lutins, vous cherchez le sel de roche, aussi et surtout dans le but de resserrer les liens d’amitié entre vous. Et pour vous amuser. Votre fortune c’est le boulot, l’amitié et la solidarité.

– Ok. Maintenant, je comprends mieux ce que tu veux dire. Toutefois, n’oublie pas, nous allons, peut-être partir avec eux à la recherche du crocus de lune.

– Je le sais bien, mais c’est dans le but de combattre Démonia, non ? Grâce à la fleur magique, les lutins espèrent battre et pulvériser Démonia ! Les gnomes s’en fichent bien pas mal de la reine de l’été et l’hiver. Ce n’est pas leur préoccupation première ! 

– Là, tu t’énerves. Et, en plus, tu dis des bêtises, Tamalou. Ils veulent, eux aussi, partir à sa recherche pour les mêmes raisons : vaincre Démonia. 

– Oui mais…

Tamalou était embarrassé. 

– Bien. Maintenant, écoute un peu. A ton avis, Tamalou, le crocus existe vraiment ?

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– J’y crois, moi. Chez les escargots, cette légende existe tout autant. Et elle se transmet aussi depuis longtemps. Pépézoro, mon grand-père,  nous racontait cette histoire quand j’étais petit. Il disait que le crocus de lune se trouve dans la forêt oubliée. Rends-toi compte, cette fleur magique transforme les méchants en gentils !

– Et comment est-ce possible ? 

– C’est grâce à son parfum que la magie opère. En respirant le crocus de lune, Démonia deviendra douce et gentille. Et comme un agneau !

– Ah ouais, c’est vrai ça ? Tu y crois vraiment ? dit P’titom en se grattant la joue. Mais, tout de même, nos anciens n’étaient pas un peu tombés sur la tête ? Les tiens comme les miens, je précise ! 

P’titom faisait attention à ne pas vexer Tamalou.

– C’est bête ce que tu dis là, P’titom. Ce jour viendra, j’en suis persuadé !

– Voyons, ne t’énerve pas comme ça. A présent, revenons à ce qui nous intéresse. La course.

P’titom pensait plus que jamais à la victoire. Aussi, il voulait partir trouver le crocus de lune. Et battre Démonia !

Maintenant, P’titom et tamalou tendaient l’oreille. Ils voulaient savoir si les autres équipes commençaient à s’échauffer avant le départ. Mais les écuries restaient totalement silencieuses. Une atmosphère de concentration flottait dans l’air.

– Alors, je te propose de faire des vérifications sur le terrain, Tamalou. Et je t’expliquerai mon plan juste après.

– En fait, je n’ai pas très envie d’y aller. Je préfère garder mes forces pour la course. Donne-moi des indications précises, et ça ira bien comme cela, P’titom.

P’titom accepta. Sans attendre, il détailla les caractéristiques de la zone.

– Très bien. Maintenant, explique-moi ton plan, lança Tamalou.

– Ben… En y repensant, j’ai peur qu’il ne soit pas possible de le mettre en pratique.

A ces mots, Tamalou ressentit comme une gêne. Le lutin semblait ennuyé.

– Lance-toi, P’titom.

– Eh bien, j’ai imaginé… ce que tu vas prendre pour une mauvaise blague.

– Viens-en au fait, s’il te plaît !

– Euh… Eh bien… Disparition et… réapparition, sur la ligne d’arrivée, par exemple.

– Tu n’y penses pas sérieusement ?

– Oh ça va, Tamalou. Ce n’est pas si terrible.

– Ah oui ? Profiter de ma faculté à me rendre invisible pour TRICHER ! hurla Tamalou. C’est une blague ?

– Tu fais des histoires pour pas grand-chose.

Tamalou était fâché.

– Au passage, bravo pour ton esprit d’équipe !

tamalou-fache

Tamalou resta silencieux quelques instants. Puis, il réalisa comme une volte-face. Pour se justifier, il évoqua une espèce de saute d’humeur.

En fait, Tamalou avait dans l’idée de donner une bonne leçon à P’titom.

Mais à quoi pensait-il au juste ?

– Je suis d’accord, P’titom, lança-t-il soudain.

– Tu es partant, alors ? répliqua le lutin étonné.

– Combien de fois dois-je te le répéter ? Je suis OK !

Connaissant le caractère de tamalou, P’titom resta bouche bée. 

Était-il pensable que Tamalou triche ?

Du coup, P’titom s’inquiétait, un peu. Dans son for intérieur, il redoutait une malice de la part de son acolyte Tamalou.

Mais, bientôt, la course allait commencer.

Et, avec elle, il en saurait davantage.

Bientôt, découvre...

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4 réflexions sur “Les deux villages”

    1. Bonjour Marie et les enfants,

      Désolée pour ma réponse un peu tardive…

      J’ouvre mon ordi et je lis votre commentaire, quelle joie de savoir que vous aimez l’histoire !

      Alors bonne lecture… la suite j’espère sera aussi bien que le premier épisode.
      A très vite pour un autre commentaire.
      Belle journée à vous tous
      Carole

  1. Ping : l'araignée

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